Parole d'expert - Fertilisation
En culture de pomme de terre, des apports sont souvent nécessaires pour satisfaire les besoins. Le raisonnement de la fertilisation présente toutefois des intérêts économiques et environnementaux.
Le pilotage de la fertilisation implique de prendre en compte tant les besoins de la plante et les conditions pédoclimatiques que le passé de la parcelle et la règlementation. En pommes de terre, la méthode du bilan prévisionnel est recommandée pour l’azote et celle du Comifer pour le phosphore et le potassium. Au-delà, Cyril Hannon animateur de la filière pommes de terre d’Arvalis-Institut du Végétal et Bernard Quéré, directeur d’inov3PT, soulignent l’importance des formes et modalités d’apports.
La localisation ne sort pas forcément son épingle du jeu
Développée pour maintenir le rendement avec une dose réduite, la localisation de la fertilisation azotée s’avère
pertinente entre la plantation et le buttage. Elle contribue en effet à une concentration sur le haut de la butte.
En production de plants, « la localisation présente un intérêt à la plantation, note Bernard Quéré. Elle permet de
réduire les doses en les ajustant aux besoins et aux cycles courts ».
Pour les autres destinations, Cyril Hannon relève : « avec la généralisation de la « plantation-buttage » en un seul
passage, les engrais sont appliqués au préalable. L’intérêt de la localisation est moins documenté dans ce cas ».
Les économies par rapport à l’investissement en matériel restent à évaluer. Il note : « si une localisation présente
encore un intérêt ce serait pour le phosphore ».
En matière de fertilisation azotée, l’animateur de la filière pommes de terre d’Arvalis recommande une mesure de
reliquat en plus d’une analyse de terre tous les trois à cinq ans. Des modèles fiables permettent aujourd’hui la
prise en compte des fertilités chimique, physique et biologique du sol. De plus, l’évaluation des besoins pour la
pomme de terre a été révisée récemment pour prendre en compte le changement climatique et son influence sur les
longueurs de cycles. Enfin, le fractionnement des apports améliore son efficacité.
Toutefois l’absorption par la plante peut encore être limitée par des phénomènes de volatilisation ammoniacale ou de
lessivage de l’azote nitrique. « Si l’engrais est enfoui, il n’y a pas de différence entre les formes liquides et
solides, indique Cyril Hannon. Si cet enfouissement n’est pas possible, les formes solides telles que l’ammonitrate
sont à privilégier ».
Doses et formes des apports de potasse s’ajustent en fonction des débouchés
En complément de l’azote, la culture de pommes de terre est une des plus exigeantes en potassium et en phosphore
lesquels sont déterminants pour le rendement. De plus, la potasse influence notablement certains critères de
qualité. Si le sol assure l’essentiel des apports, une fertilisation en début de cycle peut se révéler opportune.
« La pomme de terre a une consommation de luxe en potasse c’est-à-dire qu’elle absorbera d’autant plus que les
apports seront accrus », rappelle Cyril Hannon. Cette absorption influencera la teneur en matière sèche ainsi que la
résistance au choc avec un moindre noircissement. Il ajoute : « il est important d’apporter la bonne dose en
employant la méthode Comifer sur la base d’analyses de sol. Cette fertilisation sera réalisée au plus près de la
plantation. En effet, un apport effectué l’année précédente sera moins disponible. »
L’animateur de la filière pommes de terre d’Arvalis note : « les craintes de phytotoxicité sont fréquentes vis-à-vis
des formes chlorure. Mais je ne l’ai jamais constatée dans le cadre de doses équivalentes à la forme sulfate. Nous
n’avons pas non plus enregistré de différence de rendement. »
Il précise toutefois que « le sulfate de potassium contribue à accroitre la teneur en matières sèches. Elle sera
intéressante pour les tubercules destinés à des transformations industrielles mais nettement moins pour le marché du
frais en particulier concernant les variétés à chair ferme ».
Une vulnérabilité aux stress abiotiques
Les facteurs de stress abiotique incluent notamment les variations de température, sécheresse, gel, vent… La culture
de la pomme de terre en France est particulièrement susceptible d’être affectée par les deux premiers.
« Si nous avons beaucoup de références et des clés pour gérer le stress hydrique, l’impact d’importantes variations
de températures a été moins étudié, reconnait Cyril Hannon, animateur de la filière pommes de terre chez Arvalis -
Institut du Végétal. Sachant que cette plante de milieu tempérée se bloque à 30 °C, ce sujet de recherche et
développement sera important à l’avenir. » Des pertes de rendement et de qualité sont craintes avec potentiellement
des tubercules difformes du fait d’une croissance perturbée.
Cyril Hannon anticipe : « les dates de plantation et de récolte vont s’adapter du fait du changement climatique mais
les zones de production se déplaceront peut-être également. La sélection variétale constitue une solution
potentielle mais celle-ci est très complexe. »
Sur ce point, Bernard Quéré annonce « ce sera un axe important de recherche pour les années à venir ». Le directeur
d’inov3PT* précise qu’un important travail est enclenché pour identifier les gènes intervenant dans le stress
thermique. Il rappelle que la France produit d’ores et déjà des variétés adaptées car destinées à l’export vers
l’Afrique du Nord, le Proche et le Moyen Orient. Si les autres caractéristiques de ces variétés ne correspondent pas
au marché européen, elles constituent un fond génétique à partir duquel des programmes de croisement pourront être
mis en place. Bernard Quéré indique : « 3 à 4 ans seront probablement encore nécessaires pour identifier les gènes
intéressants et autant pour obtenir des variétés adaptées ».
* Institut technique du plant de pomme de terre
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Avertissement : Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes
alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine, animale et pour l’environnement,
conformément aux principes de la protection intégrée. Consultez le site http://agriculture.gouv.fr/ecophyto
Pour les usages autorisés, doses, restrictions d’emploi et contre-indications se référer à l’étiquette du produit ou
www.phytodata.com
PRODUITS À USAGE EXCLUSIF DES PROFESSIONNELS : UTILISEZ LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES AVEC PRÉCAUTION. AVANT TOUTE
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