L'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a défendu mercredi le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, malgré son rejet symbolique par l'Assemblée nationale.
Des avantages pour l'agriculture française
Lors d'une interview accordée à BFM Business, M. Lamy a qualifié l'accord de "correct pour l'agriculture française". Il a souligné les bénéfices potentiels pour les industries des vins, spiritueux et fromages, tout en reconnaissant les défis pour la filière bovine.
"C'est plutôt un bon accord pour les Européens et même un accord correct pour l'agriculture française", a-t-il déclaré, ajoutant que ces secteurs avaient "à y gagner".
Un enjeu géopolitique
L'ancien commissaire européen au commerce a également mis en avant l'importance stratégique de l'accord face à l'influence croissante de la Chine en Amérique latine. "Il ne faut pas laisser les Chinois occuper complètement l'Amérique latine", a-t-il averti.
Des oppositions à surmonter
Malgré l'opposition de certains pays comme la France et la Pologne, M. Lamy s'est montré sceptique quant à la capacité de la France à bloquer l'accord à Bruxelles. Il a notamment relativisé la position de la Pologne, estimant que ses préoccupations étaient davantage liées à l'Ukraine qu'au Mercosur.
Perspectives sur le commerce mondial
Interrogé sur les menaces de Donald Trump d'augmenter les droits de douane, Pascal Lamy a minimisé leur impact potentiel. Il a souligné l'influence de Wall Street sur la politique américaine et a rappelé l'importance des engagements pris au sein de l'OMC pour maintenir la stabilité du commerce mondial.
En conclusion, malgré les controverses, Pascal Lamy voit dans cet accord une opportunité pour l'agriculture française et un outil stratégique pour l'Europe face à la concurrence internationale.