Après une première semaine de manifestations orchestrées principalement par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, suivies par la Coordination rurale, les agriculteurs français s'apprêtent à poursuivre leur mobilisation. Les syndicats cherchent à élargir leur champ d'action, qui a récemment été centré sur le traité de libre-échange que l'Union européenne négocie avec les pays du Mercosur en Amérique latine. Ils souhaitent désormais dénoncer également les « normes » qu'ils considèrent comme des « entraves » à leur production.
Actions à venir et revendications
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a annoncé de nouvelles actions prévues pour mardi, mercredi et jeudi. Les Jeunes agriculteurs ont indiqué que presque tous les départements prévoient de se mobiliser dans les jours à venir, ciblant des préfectures, des agences de l'eau et des bureaux de l'Office français de la biodiversité (OFB). Dimanche matin, 37 agriculteurs ont mené deux actions avec neuf engins, sans incidents signalés.
Les manifestants défendront le retour de l'acétamipride, un insecticide interdit en France mais utilisé ailleurs en Europe, ainsi qu'un accès accru à l'eau et une simplification des normes jugées trop complexes. Ils estiment que les efforts du gouvernement restent insuffisants.
Mobilisation élargie et tensions internes
La Coordination rurale prévoit d'intensifier ses actions au-delà du Sud-Ouest, notamment avec un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg mardi. D'autres initiatives incluent le curage des fossés dans les Hautes-Alpes et le blocage de centrales d'achats.
De son côté, la Confédération paysanne continuera de s'opposer au traité Mercosur tout en plaidant pour la défense du revenu paysan et la transition agro-écologique. Elle a prévu des actions dans un supermarché en Essonne et en Dordogne cette semaine.
Le climat entre syndicats est tendu, surtout avec les élections des chambres d'agriculture départementales qui approchent. La Coordination rurale espère gagner plusieurs chambres supplémentaires pour contrecarrer l'alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs.
Réactions gouvernementales
Dans ce contexte tendu, le gouvernement tente de rassurer en affirmant que la France progresse vers une minorité de blocage concernant l'accord UE-Mercosur. Un débat suivi d'un vote sur ce traité est programmé à l'Assemblée nationale le 26 novembre. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a promis d'aborder la question des pesticides interdits et d'autres annonces sur la simplification des normes dans les jours à venir.