Voici l'estimation du coût de l’adaptation au réchauffement climatique

  • Mis à jour : 03 Février 2026   |   Publié : 08 Avril 2024
  • Temps de lecture : 1 minutes
Voici l'estimation du coût de l’adaptation au réchauffement climatique

« Entre 1 et 2,5 milliards d'euros »

Un rapport de l’Institut de l’économie pour le climat évalue les coûts de l’adaptation au réchauffement climatique dans trois secteurs clés en France. Il souligne que l’adaptation sera très coûteuse, ce qui n'est pas étonnant. Les premières estimations pour les secteurs du bâtiment, des transports terrestres et de l’agriculture végétale ont été présentées au gouvernement français le vendredi 5 avril 2024. Ces domaines nécessiteront des milliards d’euros de dépenses supplémentaires chaque année pour s'adapter.

La plus grande facture serait associée au secteur du bâtiment. Les coûts supplémentaires pourraient atteindre « entre 1 et 2,5 milliards d'euros par an pour les nouvelles constructions et plusieurs milliards d'euros par an pour les bâtiments existants », visant à lutter contre les vagues de chaleur en réduisant la dépendance à la climatisation. Cela nécessite de privilégier des méthodes de construction écoénergétiques et des choix architecturaux appropriés.

Afin de moderniser les réseaux routiers et ferroviaires, le rapport recommande des investissements annuels variant de quelques centaines de millions à plusieurs milliards d'euros. De plus, il préconise une allocation de 1,5 milliard d'euros par an pour l'agriculture, visant à maintenir les rendements des cultures principales en ajustant les pratiques culturales et en promouvant des mesures agroécologiques.

« Difficile d’estimer un coût unique de l’adaptation »

Les rédacteurs du rapport mettent en avant l'importance de ne pas tirer des conclusions hâtives sur le coût global de l'adaptation en France. L'estimation de ce coût est complexe, dépendant du niveau de réchauffement considéré et de nos décisions collectives pour nous y préparer.

Ils illustrent ceci en prenant l'exemple de l'aménagement routier : « Investir pour rendre une route inondable peut nécessiter plusieurs millions d'euros de travaux, tandis que gérer des fermetures temporaires lors de crues implique de tolérer un niveau de service inférieur, mais s'avère également moins coûteux ».

« Sans adaptation, des dépenses qui vont augmenter »

Les montants impliqués sont considérables, malgré la tendance à la réduction des dépenses publiques. Toutefois, « sans une politique d'adaptation plus ambitieuse, les réactions observées s'avèrent souvent être les plus coûteuses pour les finances publiques (prise en charge des dommages, coût des réparations des infrastructures, aides de crise), atteignant déjà plusieurs milliards d'euros par an », notent les auteurs du rapport.

« Réagir et réparer peut sembler plus simple à court terme que d'anticiper. Toutefois, il est essentiel de se rappeler que sans adaptation structurelle, ces dépenses subies ne feront qu'augmenter et perdre leur caractère exceptionnel », indique le rapport.

Le gouvernement prépare son plan d’adaptation

Le rapport n'évoque pas le concept du "coût de l'inaction", mais se réfère à d'autres études mentionnant des montants allant de 5 à plus de 20 milliards d'euros par an d'ici 2050. Les auteurs soulignent que « pour assurer une efficacité optimale et une répartition adéquate des dépenses, il est crucial d'intégrer l'adaptation aux processus de planification déjà en place ».

Ces conclusions serviront à élaborer le prochain Plan national d’adaptation au changement climatique par le ministère de la Transition écologique. Ce plan reposera sur l'hypothèse d'une augmentation de 4°C en France d'ici la fin du siècle.

D'après Oxfam, dans une déclaration à l'AFP, ce rapport offre une perspective exhaustive des données à prendre en compte. L'organisation souligne l'importance de se concentrer sur les individus les plus riches et les plus polluants afin de mobiliser des ressources financières supplémentaires.


  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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