Légère hausse du prix des terres agricoles en 2023 : un avenir « inquiétant »

  • Mis à jour : 03 Février 2026   |   Publié : 24 Mai 2024
  • Temps de lecture : 1 minutes
Légère hausse du prix des terres agricoles en 2023 : un avenir « inquiétant »

La hausse a freiné l’an dernier selon la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER). Cependant, l'autorité de régulation des terres agricoles exprime des inquiétudes quant au risque de financiarisation des terrains.

Appuyer sur la souveraineté alimentaire française

La France se distingue en Europe par le prix abordable de ses terres, une spécificité qu’elle entend préserver comme un atout majeur pour sa souveraineté alimentaire. Parmi les principaux objectifs de la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural), figure la garantie de la transparence des transactions foncières. Depuis soixante ans, cette organisation veille et intervient en cas de dérive des prix, assurant ainsi un marché équitable et accessible.

Objectif atteint en 2023 : les prix des terres agricoles sont restés stables l'an dernier, après une envolée en 2022, selon le régulateur du foncier agricole qui a présenté son analyse annuelle des marchés fonciers ruraux mercredi. Le prix des terres et prés libres a augmenté de 1,5 % (à 6 200 €/ha), tout comme celui des terres et prés loués, qui a progressé de 1,4 % (à 5 120 €/ha).

Certains secteurs plus touchés que d'autres

Globalement, les marchés fonciers ruraux connaissent un net recul, enregistrant une baisse de 21 % pour atteindre 36,5 milliards d’euros. Ce déclin affecte particulièrement le secteur des vignobles, avec des parcelles vendues à moins de 10 000 €/ha dans des régions comme le Bordelais et les Côtes du Rhône. Malgré la crise traversée par le vin rouge, quelques ventes exceptionnelles ont tout de même fait augmenter la valeur des transactions de 16 %.

Les ventes de maisons à la campagne ont chuté de 24 %, passant de 32 à 22 milliards d’euros, en raison de la hausse des taux d’intérêt. Bien que l’urbanisation ait réduit la consommation de terres agricoles de 29 % (à 12 900 hectares), la conversion de terrains agricoles à d’autres usages tels que les loisirs, le stockage ou l’isolement a englouti entre 15 000 et 20 000 hectares l’an dernier.

Ne pas faire la même erreur que nos voisins

Les cessions de parts sociales ont couvert 923 300 hectares, soit le double du marché foncier traditionnel. Depuis la loi "Sempastous" de décembre 2021, les Safer sont maintenant informées de ces ventes, même partielles, au sein des sociétés. Aujourd'hui, près de la moitié des exploitations agricoles sont enregistrées sous forme de sociétés.

Avant la nouvelle loi, ce marché sociétaire manquait de transparence. "Nous constatons que 31 % de ces cessions, soit 300 000 hectares, sont conclues en dehors du cadre familial", a souligné Emmanuel Hyest, président national des Safer. "Il appartient aux pouvoirs publics de décider si ces surfaces doivent être destinées à favoriser les installations plutôt qu’à l'agrandissement !"

Les départs en retraite de la moitié des agriculteurs au cours des dix prochaines années pourraient bouleverser le paysage des terres agricoles. La création potentielle des Groupements Fonciers Agricoles d'Investissement (GFAI), prévue dans le projet de loi d’orientation agricole actuellement débattu à l’Assemblée nationale, suscite l'inquiétude du régulateur des terres agricoles. Celui-ci met en garde contre une dérive vers une financiarisation des terres similaire à celle observée au Royaume-Uni.


  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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