Lundi 21 juillet 2025 — Moins d’un mois après la détection du premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France, les autorités sanitaires ont enclenché ce week-end une campagne massive de vaccination des bovins dans les zones à risque. Une réaction rapide et coordonnée pour tenter d’enrayer la propagation de cette maladie virale vectorielle, redoutée pour ses impacts économiques et sanitaires sur les élevages.
Une épizootie sous haute surveillance
Le 29 juin dernier, un premier cas de DNC était confirmé en Savoie. Depuis, les foyers se sont multipliés : 24 cas officiellement recensés à la mi-juillet, dont 15 en Haute-Savoie. La DNC, transmise principalement par des insectes piqueurs, provoque fièvre, lésions cutanées, baisse de production laitière et parfois la mort chez les bovins.
Bien que non transmissible à l’homme, la DNC est classée comme maladie à déclaration obligatoire. Elle représente une menace grave pour la filière bovine, en raison des restrictions de mouvement, pertes de production, abattages préventifs et menaces sur l’exportation.
Une campagne de vaccination inédite et gratuite
Sous l’égide du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la France a lancé une campagne de vaccination obligatoire ciblant tous les bovins présents dans un rayon de 50 km autour des foyers détectés.
Quatre départements sont concernés à ce jour :
- Savoie
- Haute-Savoie
- Isère
- Ain
Au total, environ 285 000 bovins doivent être vaccinés dans les zones de protection (20 km) et de surveillance (50 km). Le vaccin, importé depuis la Banque européenne de vaccins, confère une protection complète 21 jours après l’injection.
Le coût est entièrement pris en charge par l’État, sans reste à charge pour les éleveurs.
Une mobilisation vétérinaire exceptionnelle
La stratégie repose sur une approche dite “en anneau” :
- Vaccination centripète dans les zones les plus proches des foyers
- Vaccination centrifuge dans les zones plus éloignées, pour créer un bouclier immunitaire
Les vétérinaires ruraux, très sollicités, alertent sur la charge de travail exceptionnelle. Plusieurs départements ont lancé des appels à renforts. L’objectif est de vacciner le maximum d’animaux d’ici fin juillet, afin d’éviter une propagation massive durant l’été, période propice à la circulation vectorielle (moustiques, taons, moucherons).
Une stratégie validée par l’ensemble de la filière
Le CNOPSAV (Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale), qui regroupe représentants de l’État, éleveurs, vétérinaires et experts, a validé le 16 juillet une stratégie globale de lutte comprenant :
- L’abattage total des cheptels dans les foyers
- La vaccination en zone réglementée
- Des restrictions de mouvement (pas de sortie des bovins sauf dérogation)
- Le renforcement de la biosécurité dans les exploitations
Des indemnisations sont prévues pour les pertes liées aux abattages et aux restrictions, avec une cellule dédiée pour accompagner les éleveurs concernés.
Ce qu'il faut retenir :
- Début de la vaccination : Dès le week-end du 19-20 juillet dans les 4 départements concernés
- Objectif : Stopper la propagation de la DNC par une couverture vaccinale complète
- Prise en charge : Vaccination gratuite pour les éleveurs, financée par l'État
- Mobilisation : Coordination inédite entre vétérinaires, éleveurs et administration
Et maintenant ?
Les services de l’État incitent les éleveurs à prendre contact rapidement avec leurs vétérinaires pour planifier la vaccination, même si des tournées collectives sont également organisées. Le ministère rappelle que le respect des mesures sanitaires, en particulier la désinsectisation et la surveillance quotidienne des animaux, reste crucial pendant toute la période estivale.