Algues vertes : la Bretagne serre la vis

  • Mis à jour : 22 Juillet 2025   |   Publié : 22 Juillet 2025
  • Temps de lecture : 2 minutes
Algues vertes : la Bretagne serre la vis

Alors que l’été bat son plein, la Bretagne renforce sa lutte contre les marées d’algues vertes. Objectif : faire baisser durablement les nitrates dans les cours d’eau. Les agriculteurs bretons sont en première ligne.

Un fléau qui dure

Les algues vertes ne sont pas qu’un problème de plage : elles traduisent un déséquilibre écologique causé par les excès d’azote qui ruissellent des terres agricoles vers la mer. Les baies de Douarnenez, Saint-Brieuc ou Lannion sont parmi les plus touchées.

Depuis plus de 15 ans, l’État, la Région et les collectivités mènent un plan de lutte contre les algues vertes (PLAV). La dernière version, PLAV 3 (2022–2027), marque un tournant : place aux résultats concrets et aux sanctions en cas de manquement.

Des efforts visibles… mais insuffisants

Entre 2010 et 2023, les concentrations en nitrates dans les cours d’eau ont baissé de 21 à 30 %. Les exploitations engagées dans des pratiques agro-écologiques – bandes enherbées, couvert végétal, limitation des apports d’azote – en récoltent les fruits. Mais la pression reste forte : malgré les progrès, certaines baies continuent à échouer les algues en masse chaque été.

Contrôles renforcés, sanctions en vue

Lundi 21 juillet, le préfet des Côtes-d’Armor a visité une ferme à Pléboulle pour rappeler les règles du jeu : 1 300 exploitations sont ciblées, dont 600 "non conformes". Dès cet automne, les contrôles vont s’intensifier. En cas de manquement, des sanctions financières sont prévues, notamment des retenues sur les aides PAC.

L’État veut combiner pédagogie et fermeté : “Nous ne sommes plus dans l’expérimentation, mais dans la responsabilité”, a déclaré le préfet. Les exploitants sont invités à renforcer les zones tampons, retarder les épandages et protéger les haies et sols.

Quels leviers pour les agriculteurs ?

Voici les pratiques encouragées ou exigées dans les bassins versants à risque :

  • Implanter des bandes enherbées ou boisées le long des cours d’eau
  • Limiter les doses d’azote par un pilotage fin de la fertilisation
  • Allonger les rotations, couvrir les sols à l’automne
  • Préserver les haies et freiner l’érosion
  • Retarder les épandages en période de forte lixiviation

Des accompagnements techniques et financiers sont possibles via les chambres d’agriculture, les GIEE, ou les aides régionales.


Ce qu'il faut retenir :

  • Les algues vertes restent un problème aigu en Bretagne malgré des progrès réels.
  • Le PLAV 2022–2027 devient contraignant, avec sanctions financières en cas de non-conformité.
  • 600 exploitations bretonnes sont jugées hors des clous et seront contrôlées dès l’automne 2025.
  • Des changements de pratiques sont attendus immédiatement pour éviter les pénalités.


  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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