À l'aube d'une réunion cruciale du Groupe national loup, les tensions entre les éleveurs et les autorités atteignent un nouveau paroxysme. Le récent décompte officiel des loups en France, établi à 1 013 individus, a déclenché une vague de protestations de la part des syndicats agricoles, mettant en lumière les défis persistants de la cohabitation entre l'élevage et ce prédateur emblématique.
Un statu quo contesté
Malgré une apparente stabilité des effectifs par rapport à l'année précédente, la Fédération Nationale Ovine (FNO) dénonce une augmentation alarmante des attaques et des victimes parmi les troupeaux. Christian Provent de la Coordination rurale va plus loin, remettant en question la fiabilité des chiffres officiels : "Les indices récoltés suggèrent une population bien plus importante, probablement un millier de plus que le chiffre annoncé."
Des mesures de protection jugées insuffisantes
La réduction prévue du nombre de loups pouvant être abattus en 2025 - 192 contre 209 en 2024 - suscite l'incompréhension des éleveurs. La FNO et le Collectif des Associations de Bergers (Caf) ont annoncé leur boycott de la prochaine réunion du Groupe national loup en signe de protestation.
Divergences sur les stratégies de gestion
Si la Confédération paysanne ne remet pas en cause les chiffres de l'Office français de la biodiversité (OFB), elle critique vivement la gestion des tirs. Annabelle Lenoir, porte-parole du syndicat, plaide pour une approche plus nuancée : "Il n'est pas acceptable que le tir soit la seule réponse aux attaques sur bovins. Nous devons explorer d'autres options de protection, comme l'aide à l'installation de clôtures ou l'utilisation de chiens de protection."
Vers un dialogue renouvelé ?
Face à ces tensions croissantes, l'enjeu de la réunion du 16 décembre s'annonce crucial. Il s'agira de trouver un équilibre délicat entre la préservation d'une espèce protégée et la sauvegarde des activités d'élevage, pilier économique et culturel de nombreuses régions françaises. La recherche de solutions innovantes et consensuelles apparaît plus que jamais nécessaire pour apaiser ce conflit qui ne cesse de s'envenimer.