Dans le Gers, le Tarn-et-Garonne et la Marne, les agriculteurs sont descendus dans la rue pour dénoncer le « manque de mesures concrètes et durables de l’État », malgré les promesses faites en début d’année. Selon eux, la simplification administrative annoncée n’a toujours pas été mise en œuvre.
La colère gronde à nouveau dans le monde agricole, si tant est qu’elle se soit réellement apaisée depuis le mouvement de l’hiver dernier. Dans le Gers, vendredi 18 octobre, une soixantaine d’agriculteurs ont déversé de la laine de mouton, des bottes de foin et de la paille devant plusieurs bâtiments de l’État à Auch, à l’appel de la Coordination rurale. « Tracteurs chargés, bottes pourries. Enrubannez, bâchez, bombez à la peinture jaune, bref : videz vos fermes, il est temps de se faire comprendre », a déclaré Lionel Candelon, président régional de la Coordination rurale en Occitanie, d’où est partie la contestation en début d’année. Il dénonce notamment le « manque de mesures concrètes et durables de l’État » et des promesses non tenues.
Des panneaux d’entrée de communes démontés
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont également mené des actions de démontage des panneaux d’entrée et de sortie des communes dans plusieurs départements. Environ 70 agriculteurs ont ainsi mené une action symbolique vendredi 18 octobre dans l’après-midi devant la préfecture de Montauban (Tarn-et-Garonne), déposant 250 panneaux d’entrée de communes du département. À Châlons-en-Champagne, une trentaine de tracteurs et 150 agriculteurs ont déversé du fumier vendredi 18 octobre devant la préfecture de la Marne, pour dénoncer un « burn-out administratif » et réclamer une « simplification » des réglementations, près d’un an après d’importantes manifestations de la profession. « La paperasse, on n’en peut plus », pouvait-on lire sur une pancarte plantée dans le fumier.
La directive nitrate contestée
Les agriculteurs déplorent un « cumul de normes, de documents à remplir, de règles à retenir, d’interdictions », souligne la FDSEA dans son appel à la mobilisation. Dans leur viseur, notamment la nouvelle directive nitrate, en application depuis le 1er septembre, qui instaure un calendrier d’épandage des effluents jugé trop complexe et « inapplicable ». « C’est devenu un parcours du combattant pour faire la moindre petite action dans nos champs », explique Catherine Pierlot, de la FDSEA 51, reconnaissant qu’il faut « changer les pratiques » mais avec l’impératif « de concerter les agronomes et les agriculteurs ». Une délégation a rencontré le préfet pour réclamer des « dérogations à court terme ».
Appel au calme de la ministre de l’agriculture
Un an après un vaste mouvement de colère national, l’inquiétude des agriculteurs reste forte dans un contexte d’épidémies animales et de récolte catastrophique du blé. Plusieurs mobilisations ont eu lieu ces dernières semaines en France. Dans le département voisin de l’Aude, élus locaux et représentants du monde viticole ont adressé une lettre vendredi pour inviter la ministre de l’agriculture sur place, alors qu’une nouvelle visite est annoncée début novembre dans la région.