Alors que le Projet de loi de finances (PLF) 2026 est présenté dans un contexte de rigueur budgétaire et de transition écologique, le gouvernement affiche une volonté de stabiliser les soutiens au monde agricole tout en préparant l’avenir générationnel de la filière.
Deux priorités structurent les mesures annoncées : pérenniser les dispositifs de soutien au secteur agricole et accompagner le renouvellement des générations.
Pérenniser les dispositifs de soutien au secteur agricole
Le gouvernement choisit la stabilité et la sécurisation des outils économiques des exploitations, tout en rationalisant certaines niches fiscales.
Prolongation des aides fiscales majeures
La déduction pour épargne de précaution (DEP) est prolongée jusqu’en 2028.
Elle permet aux exploitants de mettre de côté des bénéfices en prévision des aléas climatiques et économiques — un instrument essentiel face à la volatilité des marchés.
Le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique est maintenu jusqu’en 2027, confirmant la priorité donnée à la transition agroécologique.
Ces mesures figurent dans la fiche budgétaire officielle publiée sur budget.gouv.fr.
Nouvelles mesures fiscales et sectorielles
Parmi les autres dispositions du PLF 2026 :
- Exonération de fiscalité sur trois ans pour les abattages sanitaires, afin de soutenir les éleveurs touchés par les crises.
- Abattement de 20 000 m³/an sur la redevance d’eau pour usage agricole.
- Exclusion des biens agricoles du calcul de la taxe sur les holdings patrimoniales.
Le ministère de l’Agriculture ajoute une modulation du stock provisionnable dans les filières bovines et encourage la contractualisation pour valoriser le cheptel (agriculture.gouv.fr).
Rationalisation des niches fiscales agricoles
Le PLF 2026 introduit une rationalisation des dépenses fiscales, en supprimant les dispositifs jugés obsolètes, comme l’exonération sur le différé de paiement lors des transmissions.
Les débats à l’Assemblée nationale montrent une ligne claire : préserver les aides efficaces (DEP, crédit bio) et supprimer les niches peu utiles.
L’objectif est de concentrer les moyens publics sur les outils de résilience et de transition, tout en maintenant un Fonds national de gestion des risques agricoles (FNGRA) actif et une enveloppe dédiée au plan PARSADA pour les alternatives aux phytosanitaires.
Accompagner le renouvellement des générations en agriculture
Face à un vieillissement rapide des exploitants — un tiers partira à la retraite d’ici dix ans —, le gouvernement mise sur la formation, l’accompagnement administratif et la valorisation des métiers agricoles.
France Services Agriculture : un guichet unique pour les nouveaux installés
Le dispositif France Services Agriculture, présenté dans le Livre bleu du PLF 2026, vise à simplifier les démarches des jeunes exploitants.
Co-piloté par les chambres d’agriculture, il regroupe conseils, orientation et appui administratif pour faciliter les installations.
Le Bachelor agro : former la nouvelle génération
Le Bachelor agro, annoncé dans la loi d’orientation agricole, vise à moderniser la formation agricole et à attirer de nouveaux profils.
Ce diplôme de niveau bac + 3 permettra d’accroître les compétences techniques et entrepreneuriales, tout en adaptant la formation aux enjeux de durabilité et de numérisation des exploitations.
Un enjeu global de rentabilité et d’attractivité
La formation seule ne suffira pas si les conditions économiques et sociales ne suivent pas car On ne retient pas les jeunes dans un métier qu’ils voient comme précaire.
L’accès au foncier, la rentabilité des exploitations et la qualité de vie en milieu rural restent donc des leviers essentiels pour assurer la relève agricole.
Les nouveaux installés sont également incités à s’engager dans des modèles agroécologiques (rotation des cultures, circuits courts, autonomie protéique), soutenus par le FEADER et des formations continues renforcées.
Un budget sous le signe de la résilience et de la transmission
D’après les analyses économiques et politiques, le PLF 2026 cherche à équilibrer soutien et rigueur :
- maintenir les aides structurantes pour garantir la résilience des exploitations ;
- maîtriser la dépense publique ;
- et préparer la relève agricole par la formation et l’accompagnement.
En d’autres termes, la politique agricole 2026 repose sur une double promesse :
sécuriser le présent des exploitants et construire l’avenir d’une génération prête à relever le défi de la souveraineté alimentaire française.