Actu des engrais du 14 octobre 2026
Évolution des marchés des engrais
Prix de la semaine, coûts à l’unité compris. Les variations comparent chaque prix à celui de la semaine précédente.
Ce que le marché nous dit cette semaine
L’urée recule, l’ammonitrate résiste. L’urée perd 20 €/t quand ammonitrate et solution azotée ne bougent pas.
Après la pause de la semaine dernière, l’urée recule nettement : 520 €/t départ La Pallice, soit 20 €/t de moins. Ce niveau n’est proposé que par quelques fournisseurs, mais des volumes s’y sont déjà échangés. Le reste de la gamme ne bouge pas : 570 €/t franco pour l’ammonitrate 33,5, 435 €/t franco pour le 27, 450 €/t départ pour la solution azotée. En deux semaines, l’urée a rendu 30 €/t quand les autres azotés n’ont pas cédé un euro.
Cette baisse n’a rien d’une braderie. Le prix de l’urée se fait à l’échelle mondiale, et le repère mondial vient de reculer : une vente égyptienne conclue vendredi ramène le coût de remplacement d’une urée livrée à La Pallice autour de 520 €/t. Les offres du jour suivent donc le marché, sans être des ventes à perte. Pour l’ammonitrate et la solution azotée, fabriqués en Europe, la logique est inverse : le gaz a encore pris du terrain et les stocks européens abordent l’hiver à leur plus bas niveau pour la saison depuis plus de dix ans. Tant que leur coût de fabrication ne recule pas, ces produits ont peu de raisons de suivre l’urée.
Côté exploitations, la demande reste quasi inexistante. Les raisons se cumulent : trésoreries tendues après des rendements en retrait de 20 à 40 % dans certaines régions, fin des récoltes et semis en cours, attente de la pluie, et désormais l’espoir de voir l’urée baisser encore. Deux mesures pourraient desserrer l’étau : des prêts à taux zéro, pour un encours pouvant atteindre 2 milliards d’euros destinés à la trésorerie et aux intrants, mais suspendus au vote du budget ; et l’aide FranceAgriMer, prolongée jusqu’au 31 décembre. Chacun appréciera selon sa trésorerie et son calendrier d’apports.
Un autre élément est à suivre, du côté de l’énergie. Washington a annoncé un assouplissement permettant le retour de gazole russe sur les marchés, et un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l’Ukraine a été évoqué, sans confirmation. Si ces signaux se concrétisaient, le gazole non routier pourrait trouver un peu d’air ; une détente durable pèserait toutefois aussi sur le prix des céréales. À ce stade, rien n’est acquis.
L’aide FranceAgriMer reste ouverte jusqu’au 31 décembre. Retrouvez notre outil de calcul pour déterminer votre niveau d’éligibilité.
Repères cultures (prix indicatifs)
Le colza reprend 4 €/t, le maïs cède 2 €/t et le blé ne bouge pas. Le net recul du colza novembre, près de 35 €/t sur la semaine, tient surtout à la fin de contrat : l’échéance février reste vers 556 €/t.
À retenir :
- L’urée recule à 520 €/t départ La Pallice (−20 €/t), en ligne avec le repère mondial.
- Ammonitrates et solution azotée inchangés : le gaz tient leurs coûts de fabrication.
- Demande au point mort ; les prêts à taux zéro restent suspendus au vote du budget.
- L’appel d’offres indien, très bas, livre son verdict après le 13 octobre.
Les cours des marchés des engrais
Ammonitrate
L’ammonitrate ne bouge pas : 570 €/t franco pour le 33,5, 435 €/t franco pour le 27. La baisse de l’urée ne s’y transmet pas, et pour cause : avec un gaz toujours orienté à la hausse, plusieurs producteurs européens importent de l’ammoniac pour réduire leurs coûts et tournent à capacité réduite. Quelques signes de pression apparaissent pourtant à la marge : dans le Nord, un producteur propose du 27 avec une date de livraison laissée à son choix d’ici décembre, signe qu’il cherche à libérer ses magasins, la faible hauteur du Rhin bloquant ses expéditions vers l’Allemagne. En revanche, l’écart avec l’urée se creuse : à l’unité d’azote réellement valorisée, en base départ, le 33,5 coûte désormais environ 0,25 € de plus que l’urée nue.
Urée
L’urée perd 20 €/t, à 520 €/t départ La Pallice. Trois forces pèsent sur le prix. D’abord l’Égypte, qui a vendu 15 000 t à 464 $/t départ usine, ce qui ramène le coût de remplacement autour de 520 €/t départ La Pallice. Ensuite l’Inde : son appel d’offres a reçu près de 5,4 millions de tonnes d’offres pour 1,7 million recherchées, à partir de 352 $/t rendu, contre environ 390 $/t en août ; le résultat définitif est attendu après le 13 octobre. Enfin la logistique : le Rhin trop bas empêche d’acheminer l’urée vers l’Allemagne, les magasins portuaires du Benelux sont pleins et les opérateurs cherchent à alléger leurs stocks. À l’unité d’azote réellement valorisée, pertes comprises, l’urée nue revient autour de 1,41 €, nettement devant les ammonitrates.
Solution azotée
La solution azotée reste à 450 €/t départ. La demande est très faible, mais l’offre l’est aussi : la première cargaison américaine de la saison est arrivée en France, et d’autres sont peu probables, les prix ayant fortement monté outre-Atlantique depuis l’été. Sur un marché français estimé à 1,6 million de tonnes, la moitié environ seulement serait couverte à ce jour, ce qui fait craindre un déficit d’approvisionnement cette campagne. Avec son titre de 30 et les pertes à l’épandage, elle reste la plus chère à l’unité d’azote, autour de 1,76 € ; son intérêt tient à la souplesse d’apport et au matériel déjà en place. Faute d’acheteurs, la tension ne se voit pas encore dans les prix ; elle pourrait se manifester rapidement au retour des achats de sortie d’hiver.
Phosphore
Le phosphore ne bouge pas : 880 €/t départ pour le DAP, 670 €/t départ pour le TSP. Les achats des exploitations se limitent, au mieux, à quelques camions, et les cotations européennes restent stables d’une semaine sur l’autre. Le marché mondial n’offre pas de levier de baisse pour l’instant : l’Inde continue d’acheter du DAP au-dessus de 900 $/t rendu. Faute de demande, les prix ne montent pas ; faute de baisse des coûts, ils ne reculent pas davantage. Pour le fond de fertilisation, le NPK 15-15-15 se traite autour de 585 à 620 €/t franco, sans susciter davantage d’intérêt : quand la trésorerie se tend, c’est le premier poste reporté.
Soufre
Le sulfate d’ammoniaque reste à 370 €/t départ. Le point d’attention signalé ces dernières semaines se concrétise : le contingent européen d’importation en franchise de droits est épuisé. Chaque nouvelle cargaison chinoise supporte donc 6,5 % de droits de douane et environ 77 €/t au titre du mécanisme carbone aux frontières, ce qui place son coût autour de 365 à 375 €/t départ port, soit à peu près le prix actuel. Autrement dit, la marge de baisse sur ce produit est mince, alors même qu’un nouveau navire vient d’arriver à La Pallice.
Potasse
Le chlorure de potasse reste à 375 €/t départ, sur une demande quasi nulle. Le marché mondial est calme : la demande brésilienne, principal moteur de l’automne, n’a pas encore repris, et les prix y ont même légèrement fléchi. Aucun élément ne laisse attendre de mouvement marqué à court terme. La potasse suit son propre rythme, à l’écart des à-coups de l’azote : c’est aujourd’hui le poste le plus prévisible du budget engrais, avec un tarif de référence à Rouen inchangé depuis plusieurs semaines.
Les recommandations de Julie
L’urée c’est bien, STABUR c’est mieux
Avec la baisse de la semaine, l’urée redevient l’azote le plus compétitif de la gamme : à 520 €/t départ, elle passe nettement devant les ammonitrates à l’unité d’azote. Choisir l’urée a donc du sens cette campagne ; encore faut-il que l’azote acheté reste dans le champ.
Sur une urée nue, la volatilisation peut emporter jusqu’à 20 % de l’azote apporté, surtout sur sol sec, par temps chaud ou venteux, sans pluie dans les jours qui suivent : environ 100 €/t de produit parti dans l’air, cinq fois la baisse de la semaine. Le STABUR est la même urée à 46 unités, avec un inhibiteur qui limite fortement ces pertes. Il garde tout ce qui fait l’intérêt de l’urée, la concentration, moins de tonnes à transporter et à épandre, sans laisser filer une partie de ce qui a été payé.
La baisse de l’urée profite d’ailleurs aussi au STABUR, dont le prix repose sur la même urée ; et son surcoût à la tonne se rattrape largement sur l’azote réellement valorisé. L’aide FranceAgriMer reste ouverte aux achats d’azotés simples facturés jusqu’au 31 décembre. Le STABUR est disponible dès maintenant chez Agryco.
Pour les azotés minéraux, retrouvez notre outil de calcul pour déterminer votre niveau d’éligibilité à l’aide FranceAgriMer.