Influenza aviaire : les éleveurs se préparent au confinement des volailles

  • Mis à jour : 03 Février 2026   |   Publié : 21 Octobre 2025
  • Temps de lecture : 2 minutes
Influenza aviaire : les éleveurs se préparent au confinement des volailles

Alors que plusieurs foyers d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été confirmés dans le nord de la France, le gouvernement a relevé le niveau de risque au stade “élevé” sur tout le territoire. Une mesure préventive destinée à freiner la propagation du virus, mais qui implique un retour au confinement généralisé des volailles.

Qu’est-ce que l’Influenza aviaire hautement pathogène ?

L’Influenza aviaire est une maladie virale qui touche les oiseaux domestiques et sauvages. Elle est provoquée par différents virus de type Influenza A, parmi lesquels certains sous-types (H5 et H7) peuvent devenir hautement pathogènes (IAHP).

Ces formes provoquent une forte mortalité chez les volailles et peuvent, en cas d’épisode majeur, entraîner l’abattage de milliers d’animaux pour éviter la diffusion du virus. La maladie ne se transmet pas facilement à l’homme, mais ses conséquences économiques et sanitaires sont considérables : perte d’animaux, suspension d’exportations, coûts de biosécurité accrus et tension sur l’approvisionnement.

L’évolution récente sur le territoire français

Depuis début octobre 2025, plusieurs foyers ont été confirmés dans le nord de la France, notamment dans le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime, au sein d’élevages de gibier (faisans, perdrix). Ces cas, détectés à proximité des couloirs migratoires, coïncident avec l’arrivée des oiseaux sauvages hivernants, principaux vecteurs du virus.

Le ministère de l’Agriculture a donc reclassé la France métropolitaine au niveau de risque “modéré” le 16 octobre, puis a annoncé son passage à “élevé” ce 21 octobre, compte tenu de la progression rapide des cas dans la faune sauvage.

Selon les données du Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie aviaire (Résavip), plusieurs dizaines d’oiseaux migrateurs contaminés ont été recensés dans les zones humides du littoral nord et ouest, indiquant une forte circulation virale avant l’hiver.

Un risque “élevé” synonyme de confinement des animaux

Le classement en niveau de risque élevé active automatiquement des mesures de biosécurité renforcées sur l’ensemble du territoire français :

  • Confinement obligatoire des volailles dans tous les élevages commerciaux et les basses-cours.
  • Interdiction de rassemblements d’oiseaux (foires, marchés, expositions).
  • Mise à l’abri des appelants pour la chasse au gibier d’eau.
  • Interdiction des lâchers de gibier à plumes dans les zones à risque de diffusion.
  • Renforcement des contrôles vétérinaires et de la désinfection des véhicules de transport d’animaux.

Pour les éleveurs sous label “plein air” ou “bio”, cette obligation implique la mise en place de solutions de confinement temporaire : filets anti-oiseaux, bâtiments mobiles, ou adaptation des parcours.

Le ministère rappelle que ces mesures sont préventives et visent à éviter les abattages massifs connus lors des crises précédentes (près de 10 millions de volailles euthanasiées en 2021-2022).

Les mesures à venir et les perspectives

Le ministère de l’Agriculture travaille actuellement sur plusieurs axes :

  1. Renforcement de la vaccination : après une première campagne réussie en 2024-2025 (près de 30 millions de canards vaccinés), la vaccination préventive pourrait être élargie à d’autres filières, notamment les dindes et les poulets de chair.

  2. Modernisation des plans de biosécurité : chaque élevage devra, d’ici début 2026, actualiser son plan de prévention avec audit obligatoire pour les exploitations de plus de 250 volailles.

  3. Surveillance accrue de la faune sauvage : un réseau renforcé de suivi ornithologique (ONCFS, LPO, Résavip) permettra de mieux anticiper les mouvements migratoires et les zones à risque.

  4. Indemnisations simplifiées : un nouveau dispositif de compensation pour pertes de production et abattages sanitaires est à l’étude, avec un versement accéléré via FranceAgriMer.

Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a déclaré hier dans un communiqué :

“Le confinement préventif est une mesure difficile mais nécessaire. Notre objectif est clair : éviter une nouvelle hécatombe aviaire et préserver la souveraineté de nos filières.”

Un automne sous haute surveillance

Les éleveurs sont donc invités à appliquer dès à présent toutes les mesures de biosécurité : mise à l’abri, contrôle des accès, désinfection, surveillance sanitaire et déclaration de toute mortalité inhabituelle à la DDPP. Les prochaines semaines seront déterminantes pour contenir la circulation du virus avant l’hiver.


  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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