L’annonce de Lactalis de réduire de 9% sa collecte de lait en France d’ici 2030 secoue profondément le secteur agricole.
Ce sont près de 450 millions de litres de lait qui ne seront plus collectés, touchant plus de 800 producteurs, principalement dans l'Est et le sud des Pays de la Loire. Les éleveurs, déjà sous pression économique, voient cette décision comme un coup dur, notamment ceux qui dépendent exclusivement du groupe, comme Jérôme Bossard en Vendée.
Annie Genevard, nouvelle ministre de l'Agriculture, a rencontré les représentants du secteur pour exprimer son soutien et discuter des solutions face à cette crise. Yohann Barbe, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), appelle Lactalis à plus d'empathie pour accompagner les producteurs dans cette transition et craint une compensation par des importations de lait étranger, notamment sous forme de beurre ou de poudre de lait.
"Coup de tonnerre" dans la filière Yohann Barbe qualifie cette décision de "déflagration" pour les producteurs français, rappelant que Lactalis se développe à l'international tout en réduisant son activité en France. Cela renforce la frustration des éleveurs, certains ayant récemment investi pour améliorer leurs installations en réponse aux engagements passés de l'entreprise.
Le défi pour les producteurs sera de trouver d’autres acheteurs capables d’absorber ces volumes, ce qui n'est pas garanti, surtout dans les zones où Lactalis détient une forte emprise. Plusieurs producteurs envisagent désormais l'arrêt de leur activité, incapables de trouver des alternatives viables à court terme.
Des inquiétudes sur le lait étranger La décision de Lactalis de ne pas réduire sa production dans ses usines laitières, tout en diminuant sa collecte nationale, soulève des inquiétudes sur un éventuel recours à des importations de lait étranger pour compenser. Les producteurs dénoncent ce paradoxe qui mettrait en danger la production locale au profit de produits importés, accentuant une crise de confiance entre éleveurs et industriels.