Registre phytosanitaire : le numérique devient obligatoire dès 2026

  • Mis à jour : 03 Février 2026   |   Publié : 15 Juillet 2025
  • Temps de lecture : 2 minutes
Registre phytosanitaire : le numérique devient obligatoire dès 2026

À partir du 1er janvier 2026, tous les agriculteurs français devront tenir leur registre phytosanitaire au format numérique structuré. Exit les carnets papier ou les fichiers PDF : seules les données lisibles par machine (Excel, CSV, XML...) seront autorisées. Ce virage réglementaire, inscrit dans le plan Écophyto 2030, vise à renforcer la traçabilité, faciliter les contrôles et encourager l’agriculture de précision. Voici l’essentiel à savoir, et surtout qui peut vous accompagner dans cette transition.

Ce que dit la réglementation

L’obligation de numérisation s’inscrit dans une évolution du cadre européen (directive UE 2019/1024, règlement UE 2023/564) et du plan national Écophyto II+, en lien avec la nouvelle PAC. Elle entre en vigueur le 1er janvier 2026 et s’applique à toutes les exploitations agricoles utilisant des produits phytosanitaires.

Concrètement, le registre devra :

Être exclusivement numérique

Les versions papier, PDF scannés ou carnets manuscrits ne seront plus recevables lors des contrôles. Seuls les formats "machine-readable" (Excel, CSV, XML, ou formats exportés par un logiciel compatible) seront autorisés.

Contenir des données précises et normées

Chaque intervention phytosanitaire devra mentionner : - Le nom commercial du produit et son numéro d’AMM, - La dose appliquée, - La culture ou l’usage concerné, - La parcelle ou l’ilot PAC, - La date (et heure si possible), - La surface ou volume traité.

Ces données serviront notamment à calculer l’Indice de Fréquence de Traitement (IFT), à des fins de suivi national.

Respecter un délai de saisie

Chaque intervention devra être saisie dans les 30 jours suivant son application. Pour les traitements effectués fin décembre, un délai jusqu’au 30 janvier de l’année suivante est prévu.

Être archivé pendant 5 ans

Les registres devront être disponibles à tout moment en cas de contrôle par la DRAAF, la MSA, l’OFB, l’ANSES ou les services vétérinaires. Le format doit permettre un export structuré et clair à la demande.

Que faire dès maintenant ?

  • Évaluez vos pratiques actuelles : si vous tenez encore un registre papier, la migration est à anticiper dès 2025.
  • Choisissez une solution conforme capable d’exporter les données aux bons formats.
  • Formez-vous ou faites-vous accompagner : chambres d’agriculture, Cerfrance, coopératives proposent des aides concrètes.
  • Adoptez une routine de saisie : idéalement après chaque traitement, ou en bloc chaque semaine.

Qui peut vous accompagner ? Les membres de La Ferme Digitale

Plusieurs entreprises de La Ferme Digitale proposent déjà des outils adaptés à cette nouvelle exigence :

SMAG

Éditeur de SMAG Farmer et Agreo, largement utilisés en coopératives. Permet la saisie complète, le suivi réglementaire et l’export conforme.

Isagri / Géofolia

Référence en gestion parcellaire et phytosanitaire. Compatible avec les formats exigés dès 2026.

MyEasyFarm

Plateforme SaaS connectée (ISOBUS, cartes, capteurs). Enregistrements géolocalisés, tableaux de bord IFT, exports automatiques.

Ekylibre

ERP agricole open-source tout-en-un. Centralise les données de production, les interventions et la traçabilité.

TerraGrow

Solution simple, rapide à prendre en main. Conçue pour répondre aux contraintes réglementaires sans complexité.

Pourquoi c’est une opportunité

  • Gain de temps administratif : moins de paperasse, automatisation de la traçabilité
  • Contrôles facilités : registre conforme, exportable et toujours à jour
  • Pilotage technique : analyse des traitements, IFT, appui à la décision
  • Valorisation : une traçabilité claire est un atout en vente directe, certification ou contractualisation

Certaines coopératives proposent même un service de ressaisie numérique des carnets papier pour accompagner la transition.

Anticipez dès maintenant. Le passage au numérique n’est pas une simple formalité : c’est une occasion de structurer vos pratiques, de gagner en rigueur et de préparer l’agriculture de demain.


  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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