L’inauguration du nouveau moulin de l’amidonnerie Tereos à Nesle (Somme) marque une étape majeure pour la transformation végétale en France. Au cœur du bassin céréalier picard et marnais, cet outil industriel entièrement reconstruit ambitionne de devenir l’un des plus performants d’Europe. Dans un contexte où les filières agricoles cherchent à sécuriser leurs débouchés et renforcer leur souveraineté, cet investissement éclaire les mutations en cours dans les industries du blé, de l’amidon et de la chimie végétale.
Un outil industriel entièrement modernisé
Le site de Nesle est un pilier historique de la transformation du blé en France. Avec son nouveau moulin, Tereos fait le choix d’une montée en puissance technologique :
- performance de broyage renforcée ;
- meilleurs rendements d’extraction ;
- optimisation de la qualité des farines et amidons ;
- outils de régulation et de pilotage numérique.
L’objectif est clair : transformer davantage, mieux et de façon plus durable. Le site traite près de 800 000 tonnes de blé par an, majoritairement issu des Hauts-de-France et du Grand Est. Avec cette nouvelle installation, Tereos renforce sa capacité à valoriser la production régionale, au service d’applications alimentaires et industrielles très variées.
Une valorisation renforcée du blé régional
L’un des enjeux majeurs de cet investissement est la stabilité des débouchés pour les producteurs locaux. La nouvelle amidonnerie permet notamment :
- un meilleur rendement par grain ;
- une réduction des pertes grâce à des process plus précis ;
- une capacité d’absorption du marché plus importante ;
- une diversification des usages : alimentation humaine, nutrition animale, ingrédients techniques, chimie végétale, pharmaceutique.
À l’heure où les marchés céréaliers sont soumis à une forte volatilité, disposer d’un outil industriel local, performant et diversifié est un atout stratégique pour les agriculteurs.
Un investissement orienté durabilité et souveraineté
L’une des particularités du nouveau moulin est son efficacité énergétique, avec une réduction pouvant atteindre 50 % de la consommation électrique du process de broyage.
Cette performance s’inscrit dans un mouvement plus large :
- réduction de l’empreinte carbone ;
- ancrage territorial de l’industrie ;
- relocalisation des productions critiques ;
- valorisation de la ressource agricole française.
C’est un exemple concret de réindustrialisation verte, qui associe durabilité, compétitivité et souveraineté.
Un impact territorial significatif
Le site de Nesle constitue un pôle économique stratégique pour la Picardie : emplois directs, sous-traitance, logistique régionale, ancrage d’une filière entière. La modernisation du moulin contribue à :
- consolider les emplois existants ;
- renforcer l’attractivité industrielle de la région ;
- maintenir des infrastructures de transformation au plus près des productions ;
- ancrer durablement des chaînes de valeur agricoles dans les territoires.
Dans un contexte de désindustrialisation, un tel investissement a une portée structurante pour le tissu économique local.
Les défis qui restent à relever
Malgré ses atouts, la filière amidonnière évolue dans un environnement complexe. Le marché des produits amylacés est soumis à la concurrence internationale, à des fluctuations de demande et à des exigences techniques élevées sur les qualités de blé. Le nouvel outil industriel constitue un levier de compétitivité, mais sa réussite dépendra :
- de l’évolution des marchés et des usages de l’amidon ;
- de la capacité à innover sur les produits et applications ;
- de la coordination entre agriculteurs, coopératives et industriels ;
- de la garantie d’une matière première régulière et de qualité.
En conclusion
Avec sa nouvelle amidonnerie à Nesle, Tereos envoie un message clair : la valorisation locale du blé français est possible, moderne et alignée avec les enjeux environnementaux. Cet investissement renforce la filière blé du Nord de la France, offre un ancrage industriel solide et ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les producteurs comme pour les industries agroalimentaires et bio-basées.
Dans un paysage agricole en mutation, où chaque débouché compte, la modernisation de Nesle apparaît comme une brique essentielle de la souveraineté agroalimentaire française.