Actu des engrais du 8 juillet 2026

  • Mis à jour : 03 Novembre 2026   |   Publié : 07 Juillet 2026
  • Engrais Observatoire des marchés Actualité
  • Temps de lecture : 8 minutes
Julie, experte engrais chez Agryco

Évolution des marchés des engrais

Prix de la semaine, coûts à l’unité compris. Les variations comparent chaque prix à celui de la semaine précédente.

Ce que le marché nous dit cette semaine

Le répit des moissons ne durera pas. L’azote cède pendant les moissons, mais la couverture reste au plus bas.

Le marché est calme, presque trop. Les moissons battent leur plein, mobilisent les exploitations et laissent peu de place aux achats d’engrais. Les premiers rendements déçoivent, les trésoreries sont tendues, et la demande s’est en grande partie mise en pause. Dans ce climat d’attentisme, les vendeurs se retrouvent seuls face à des stocks qui dorment ; la pression se relâche donc sur les prix, surtout du côté des azotés. La solution azotée poursuit son repli, l’urée se stabilise à bas niveau, et sous cette double pression les ammonitrates finissent par céder à leur tour.

Mais l’accalmie a une contrepartie. La couverture des exploitations reste très basse pour la saison : de l’ordre de 20 % sur l’ammonitrate, l’urée et l’urée inhibée, environ 15 % sur la solution azotée, avec un retard encore plus marqué sur le phosphore, le soufre et la potasse. Et un cercle vicieux s’installe : tant que les agriculteurs restent à l’écart, les prix baissent ; et tant que les prix baissent, les agriculteurs attendent. Seul un événement extérieur pourrait le rompre.

Où mène cette baisse ? Sur la solution azotée, les niveaux actuels ne sont sans doute plus très loin d’un plancher ; sur les nitrates, une marge de baisse subsiste encore. Mais nul ne sait aujourd’hui si le prochain mouvement se fera à la hausse ou à la baisse. Une chose est certaine en revanche : la campagne accuse un retard important, et le jour où la demande reviendra, les prix remonteront mécaniquement, sans doute vite. Le soutien public annoncé (107 millions d’euros pour la France) n’y changera pas grand-chose à l’échelle d’une exploitation.

Repères cultures (prix indicatifs)

CulturePrix
Maïs240 €/t
Blé tendre204 €/t
Colza510 €/t

Le maïs se tient à un niveau élevé, soutenu par les cultures qui grillent sur pied faute d’eau ; un stress qui pourrait peser sur les assolements de l’an prochain, et donc sur la consommation de phosphore. Le blé et le colza restent, eux, sur des niveaux très moyens.

À retenir :

  • Couverture très basse : ~20 % sur l’ammonitrate, l’urée et l’urée inhibée, ~15 % sur la solution azotée, et un retard encore plus marqué sur phosphore, soufre et potasse.
  • Cercle vicieux : tant que les agriculteurs attendent, les prix baissent ; tant qu’ils baissent, les agriculteurs attendent. Seul un événement extérieur pourrait le rompre.
  • Solution azotée probablement proche d’un plancher ; les nitrates gardent encore une marge de baisse possible.
  • Certitude : la campagne est très en retard ; au retour de la demande, les prix remonteront mécaniquement.

Les cours des marchés des engrais

Ammonitrate

ProduitPrix
Ammonitrate 33,5480 €/t franco
Ammonitrate 27350 €/t départ

Les nitrates finissent par céder : après avoir longtemps tenu les prix de début de campagne, l’ammonitrate 33,5 recule (480 €/t franco). Le signal vient surtout du nord de l’Europe, où le nitrate ressort autour de 350 €/t départ Gand ; un producteur a même récemment coté un nitrate à 325 €/t départ Allemagne, en offre réservée au marché allemand. Ramené à l’ammonitrate 33,5, ce niveau correspondrait à environ 405 €/t départ, encore loin des prix pratiqués aujourd’hui. Une marge de baisse subsiste donc sur les nitrates.

Urée

ProduitPrix
Urée 46465 €/t départ La Pallice

L’urée se stabilise après plusieurs semaines de repli. Les offres restent basses face à des positions prises plus haut, et la demande atone des moissons entretient l’attentisme. Le niveau actuel est vraisemblablement proche d’un plancher, sans que l’on puisse l’affirmer.

Solution azotée

ProduitPrix
Solution azotée 30375 €/t départ Rouen

La solution poursuit son glissement, de 390 à 375 €/t départ Rouen. Elle est bien redescendue, ce qui la rend plus attractive et accentue mécaniquement la pression sur les nitrates. Une offre export récente, ramenée à Rouen, avoisinerait 365 €/t départ : de quoi penser qu’on n’est plus très loin d’un plancher. À noter aussi une version soufrée, utile pour couvrir le soufre à coût maîtrisé dans un marché qui se tend sur cet élément.

Phosphore

ProduitPrix
DAP 18-46-0870 €/t départ
TSP 45 %650 €/t départ

Pas de mouvement de prix cette semaine ; le sujet reste la disponibilité, l’offre mondiale de phosphates demeurant tendue. C’est dans ce contexte que revient l’intérêt pour les engrais de fond : entre le NPK 15-15-15 et des formules allégées comme le 8-15-15, proposées par certains fournisseurs pour s’adapter aux budgets, il y a de quoi couvrir le fond selon ses moyens. Le produit se réserve tôt.

Soufre

Le sulfate reste stable, mais des hausses sont attendues dans les mois à venir ; aucune baisse n’est envisagée sur ce poste. Les besoins en soufre sur colza et céréales gagnent donc à être couverts sans attendre, tant que le marché reste calme.

Potasse

ProduitPrix
KCl 60 %358 €/t départ

Marché calme, sans évolution notable. Bien approvisionné, le KCl n’est pas le sujet du moment et peut se traiter au fil de l’eau, en fonction des besoins déjà planifiés.

Les recommandations de Julie

La solution azotée a bien baissé : le bon moment pour se positionner

La solution azotée est redescendue à 375 €/t départ Rouen, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis un moment. C’est un passage un peu particulier, à caler selon les besoins, mais c’est aussi une occasion de se positionner à bon compte pendant que le marché est calme, d’autant que les niveaux actuels ne sont sans doute plus très loin d’un plancher.

Sa version soufrée mérite un regard particulier : elle apporte du soufre à coût maîtrisé, au moment où justement le soufre se tend et où aucune baisse n’est attendue. Deux besoins couverts en un seul apport.

Et pour ceux qui raisonnent d’abord le coût réel de l’azote, le STABUR® (urée stabilisée à double inhibition NBPT + NPPT) reste, lui, le plus compétitif à l’unité : à 500 €/t départ et à livraison comparable, l’azote réellement valorisé revient à environ 1,12 € l’unité, contre à peu près 1,20 € pour l’urée nue une fois les pertes prises en compte, et de l’ordre de 1,43 € pour l’ammonitrate 33,5. Sur une année sèche comme celle-ci, où l’urée nue se volatilise davantage, l’écart se creuse encore en sa faveur.

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