Actu des engrais du 1er juillet 2026
Évolution des marchés des engrais
Prix de la semaine, coûts à l’unité compris. Les variations comparent chaque prix à celui de la semaine précédente.
Ce que le marché nous dit cette semaine
La moisson déçoit, l’azote recule. Rendements en dessous des attentes, maïs sous tension, et l’azote qui recule encore.
Les moissons battent leur plein, et le retour d’un temps plus frais aide les chantiers à avancer. Les premières bennes donnent déjà le ton de la campagne, et il est en demi-teinte.
Les estimations nationales tournent autour de 63,7 qx/ha en blé tendre et 33,2 qx/ha en colza, en dessous des attentes. L’origine remonte à l’hiver : les fortes pluies de janvier et février ont poussé les racines à se développer en surface plutôt qu’en profondeur. Lorsque la canicule s’est installée, les plantes mal enracinées n’ont pas pu aller chercher l’eau, et le rendement en a pâti. Le Nord a davantage souffert que le Sud : des pluies hivernales plus violentes, puis un coup de chaud auquel les sols n’étaient pas préparés. Le colza, lui, a surtout été pénalisé par les maladies liées à l’humidité, et s’est montré plus résistant aux excès de chaleur.
Le vrai point de vigilance se situe sur le maïs. Sur les parcelles non irriguées, le coup de chaud a déjà laissé des traces et les récoltes s’annoncent difficiles. Conséquence directe : les cours du maïs progressent nettement, au bénéfice des régions et des pays qui ont échappé à cette chaleur.
Du côté des engrais, la demande repart timidement tandis que les azotés continuent de s’effriter doucement. La pression mondiale ne s’est pas relâchée, et la semaine est rythmée par la conférence IFA de Monaco (29 juin–1er juillet), grand rendez-vous annuel du secteur : beaucoup d’acteurs attendent d’en connaître l’issue avant de se repositionner. Pour les agriculteurs qui préparent déjà la campagne suivante, la fenêtre reste plutôt confortable : les coûts d’intrants se détendent au moment où, au moins sur le maïs, le marché se redresse.
Les cours des marchés des engrais
Ammonitrate
Les fabricants de nitrate sont dans une position délicate. Ils maintiennent pour l’instant les niveaux de début de campagne, alors que presque tout baisse autour d’eux. Difficile, dans ces conditions, de rester compétitif : la demande n’est pas encore au rendez-vous, et conserver du stock à ces prix devient risqué si le marché poursuit son glissement. Le nitrate tient donc ses cotations, mais l’écart avec l’urée se resserre semaine après semaine.
Urée
L’urée a effacé sa hausse de printemps et revient autour de 465 €/t. À ces niveaux, les offres basses du moment croisent des positions prises plus tôt à prix élevé : certains opérateurs ont engagé d’importantes longueurs quand le marché était haut, et hésitent aujourd’hui à offrir tant que la demande n’est pas revenue. La conférence IFA tombe à point nommé pour temporiser et attendre d’y voir plus clair. L’essentiel est ailleurs : à ce prix, la vraie question n’est plus le coût à la tonne, mais la capacité d’achat des agriculteurs.
Solution azotée
Elle accompagne l’urée à la baisse, sans excès. Pour les exploitations équipées en cuve, elle reste intéressante, à condition de la comparer aux autres azotés au coût de l’unité, et non au prix de la tonne.
Phosphore
Le phosphore reste cher et déconnecté du mouvement sur l’azote : l’offre mondiale demeure serrée et aucun signe de détente n’apparaît à court terme. C’est un poste à sécuriser sans précipitation, mais sans trop attendre non plus.
Soufre
C’est le poste à surveiller de près. Le sulfate est stable cette semaine, mais la tension monte nettement sur le soufre : près de la moitié du commerce mondial transite par le Moyen-Orient, et les flux y restent contraints. De fortes hausses sont attendues dans les prochaines semaines. Pour un besoin de soufre identifié, mieux vaut le sécuriser tôt.
Potasse
Rien de neuf cette semaine. La potasse évolue à l’écart de la nervosité de l’azote : un poste à sécuriser au calme, au rythme des besoins.
Les recommandations de Julie
L’année qui s’achève vient de rappeler une chose simple : ce qui compte, ce n’est pas l’azote épandu, c’est celui que la plante reçoit vraiment. Des racines en surface, un coup de chaud, un sol sec au moment de l’apport, et une partie de l’urée nue repart dans l’air avant d’avoir servi.
Les essais Arvalis le chiffrent : une urée classique perd couramment de 0 à 15 % de son azote par volatilisation, et bien davantage dans les conditions sèches et chaudes que l’on vient de connaître. C’est précisément ce que corrige la technologie NBPT : en retardant la transformation de l’urée, elle garde l’azote dans le sol, à disposition de la culture.
C’est tout l’intérêt du STABUR, l’urée protégée d’Agryco. À 500 €/t départ Gand, en baisse cette semaine, il revient à environ 1,10 € l’unité d’azote réellement valorisée, contre près de 1,20 € pour l’urée nue une fois les pertes déduites, et 1,49 € pour l’ammonitrate. Soit le coût le plus bas au kilo d’azote utile, avec la tranquillité d’un produit qui ne s’évapore pas au premier coup de sec.
Après une telle année, c’est le bon moment pour engager une première tranche d’azote sur le STABUR. Un marché calme pour acheter, et chaque unité d’azote sécurisée pour la campagne à venir.
Sources : essais Arvalis EvaMin sur la volatilisation de l’urée (reussir.fr) ; fiche Urée 46 inhibée NBPT (agryco.com).