Actu des engrais du 24 juin 2026
Évolution des marchés des engrais
Prix de la semaine, coûts à l’unité compris. Les variations comparent chaque prix à celui de la semaine précédente.
Ce que le marché nous dit cette semaine
La trêve fait plier l’azote. Baisse réelle mais courte : la demande dort encore, et l’Iran change tout.
En France : la baisse continue, la demande dort encore
La détente s’est poursuivie cette semaine sur l’ensemble des azotés. Quelques agriculteurs ont saisi la fenêtre, comme la semaine passée, mais on ne peut vraiment pas parler de réveil de la demande : l’essentiel des besoins de la prochaine campagne reste à acheter. Les premières moissons commencent à rentrer, et avec elles le marché se fige ; on ne signe pas d’engrais quand la moissonneuse est dans la parcelle. Les premiers résultats sortent sous les moyennes attendues, sans grande surprise (les premières parcelles ne sont jamais les meilleures) : rien d’anormal, mais rien d’exceptionnel non plus. L’écart blé / engrais reste large, le blé peinant autour de 200 €/t ; à ce rapport, peu d’agriculteurs se pressent.
Pourquoi l’azote a encore baissé : la trêve, plus que la demande
Cette fois, la géopolitique a bien joué. La réouverture du détroit d’Ormuz, prévue par l’accord du 14 juin entre les États-Unis et l’Iran, a fait refluer le pétrole et, dans son sillage, l’azote. L’urée a reculé à 465 €/t départ La Pallice (avant de corriger à la hausse), la solution azotée à 405 €/t départ Rouen. Ajouté à l’attentisme général, cela entretient la baisse. Mais cette détente tient à un fil.
Accord États-Unis / Iran : signé, mais loin d’être bouclé
L’accord du 14 juin n’est qu’un mémorandum d’étape : une trêve de 60 jours pour négocier le fond (nucléaire, sanctions, contrôle d’Ormuz). Or les pourparlers en Suisse ont calé ce week-end sur ces trois points, et la menace de reprise des frappes est revenue. Le cessez-le-feu reste fragile, et au Liban les combats n’ont pas cessé. Bref, ce que nous redoutions la semaine dernière commence à se vérifier : la paix n’est pas aussi simple qu’annoncé. Tant que le gaz reste cher et la trêve incertaine, un plancher subsiste sous les prix.
À retenir : La baisse vient surtout de la trêve (réouverture d’Ormuz), pas d’un réveil de la demande. Urée passée à 465 €/t puis remontée, solution azotée à 405 €/t : la fenêtre est réelle mais courte. Deux forces opposées la cadrent : une demande d’automne presque entière, qui peut repartir d’un coup, et un possible retour de l’Iran, qui tirerait au contraire les prix vers le bas. Trêve fragile d’un côté, Iran de l’autre : c’est tout l’enjeu des prochaines semaines.
Ce qui peut faire bouger les prix
Deux forces tirent en sens inverse.
À la hausse, la demande d’automne. La couverture est très en retard (environ 20 % sur l’ammonitrate, autour de 10 % sur le reste). Une fois la moisson rentrée, elle peut revenir d’un coup ; et l’hémisphère Sud entre en saison et va consommer du volume. Le gaz, toujours plutôt cher, empêche par ailleurs les coûts de production de s’effondrer.
À la baisse, l’Iran. C’est la vraie inconnue de l’été. L’Iran est le troisième exportateur mondial d’urée, à peu près au niveau de la Chine, et ses usines ont surtout été mises à l’arrêt, pas détruites : elles peuvent redémarrer vite. Si la levée des sanctions prévue par l’accord se concrétise, ce sont de gros volumes d’urée à bas prix qui reviendraient sur le marché. À surveiller de près : ce seul facteur peut peser plus lourd que tout le reste.
Les cours des marchés des engrais
Ammonitrate
Le 33,5, longtemps le plus ferme, a fini par céder : 505 €/t franco toute France, contre 520 la semaine passée. Aucun des deux producteurs n’a officialisé de nouvelle grille d’été, mais la pression internationale finit par se transmettre. Sur le 27, l’offre départ Gand se maintient à 360 €/t : toujours le bon plan pour une couverture au meilleur prix.
Urée
Nouvelle baisse marquée : l’urée 46 s’est échangée à 465 €/t départ La Pallice, sous les niveaux précédant la crise d’Ormuz, avant de corriger à la hausse. Le point bas est crédible à court terme, mais le plancher dépend désormais de l’Iran plus que de la demande. Un rebond reste possible si la trêve déraille ou si la demande d’automne se réveille ; une rechute l’est tout autant si l’Iran revient.
Solution azotée
Elle a suivi l’urée : 405 €/t départ Rouen. C’est toujours le produit qui absorbe le plus la baisse de l’urée, mais son approvisionnement reste structurellement tendu : si l’urée rebondit, la solution azotée sera la première à repartir.
Phosphore — DAP & TSP
Marché toujours inchangé. C’est pourtant ici que la détente devrait se voir le plus si la situation se calme, mais elle tarde : certaines usines touchées ne redémarreront pas vite, et l’ICIS n’attend pas de retour à la normale avant 2027. À surveiller pour la campagne colza, qui se joue à l’implantation.
Soufre & sulfonitrates
Peu de mouvement. Le marché était déjà tendu avant le conflit ; le sulfate d’ammoniaque se tient. Pas de retournement à court terme.
Potasse — KCl
Stable à 358 €/t départ Rouen. Marché à part, peu concerné par l’azote : aucune raison de monter, mais si beaucoup font l’impasse, les vendeurs pourraient défendre leur marge sur de petits volumes.
Les recommandations de Julie
STABUR® à 515 €/t départ : le seul azote dont vous récupérez chaque unité
L'urée à 465 €/t départ La Pallice a fait de l'œil. Mais regardez ce qui finit vraiment dans la plante. En entrée d'été, sans inhibiteur, l'urée s'évapore : 15 à 20 % d'azote partent dans l'air, davantage par temps chaud ou sur sol calcaire. Vous payez 465 €/t… et vous n'en captez que 80 %. Le vrai coût grimpe alors autour de 1,20 à 1,25 € l'unité d'azote efficace.
Le STABUR®, lui, ne laisse rien filer. Sa double inhibition bloque les pertes : tout l'azote reste disponible, aussi efficace qu'un nitrate. À 515 €/t départ, soit au maximum à 50 € de plus que l'urée à la tonne, il revient à environ 1,12 € l'unité réellement captée ; moins cher que l'urée, et loin devant l'ammonitrate 33,5 (de l'ordre de 1,50 €). Les 50 € d'écart sont remboursés dès les premières unités sauvées, et vous épandez moins de tonnes pour le même azote.
Un repère, pour comparer juste : 515 €/t, c'est un prix départ ; on le met en face d'un autre prix départ, jamais d'un rendu.
À l'unité d'azote efficace, le STABUR® est aujourd'hui le produit le plus rentable de la gamme ; et avec une urée iranienne qui pourrait revenir bousculer les prix, sécuriser dès maintenant son azote efficace, c'est la seule chose qui ne dépendra ni de la météo, ni de la géopolitique.