Actu des engrais du 19 août 2026
Évolution des marchés des engrais
Prix de la semaine, coûts à l’unité compris. Les variations comparent chaque prix à celui de la semaine précédente.
Ce que le marché nous dit cette semaine
L’urée enfonce un deuxième palier. −30 €/t cette semaine, −50 €/t en quinze jours : la baisse devient intéressante dans un marché de l’azote globalement ferme.
La semaine dernière, on se demandait si les 20 €/t perdus par l’urée relevaient du ponctuel ou du début d’une tendance. La réponse est tombée : l’urée perd encore 30 €/t et s’établit à 490 €/t départ, soit 50 €/t effacés en quinze jours. Deux baisses consécutives, la seconde plus large que la première… et il pourrait y en avoir encore une. Mais attention : cette baisse ne doit pas faire oublier le contexte de fond de l’azote, qui reste ferme. Sur le fond, les éléments n’ont pas changé, la situation reste très tendue et laisse craindre des mois compliqués à venir. Cette nouvelle fenêtre qui s’ouvre pourrait donc être une opportunité à saisir pour les azotés à base d’urée, qu’il ne faudrait pas louper par excès de confiance.
Autour, tout est figé. Ammonitrate 33,5 à 540 €/t vrac franco, 27 à 410 €/t vrac franco, solution azotée à 425 €/t départ, sulfate d’ammoniaque à 370 €/t départ, DAP à 875 €/t, TSP à 670 €/t, potasse à 355 €/t. La baisse de l’urée ne devrait pas beaucoup entraîner les autres engrais azotés vers le bas, car le contexte de fond reste ferme et ce sont des produits moins sensibles à l’absence de demande pour le moment, surtout en ammonitrate, où les ventes chez les producteurs sont bien avancées. Il se pourrait toutefois, à terme, si la demande reste vraiment faible et que l’urée se maintient sur ces niveaux de prix, que la solution azotée connaisse de très légères baisses.
Repères cultures (prix indicatifs)
Les prix ont tendance à se renforcer sur l’ensemble des grains, avec des inquiétudes sur toutes les productions liées aux records de chaleur enregistrés partout dans le monde.
À retenir :
- L’urée départ La Pallice perd 30 €/t, à 490 €/t départ, soit 50 €/t en deux semaines.
- Une fenêtre d’achat est en train de s’ouvrir sur les engrais uréiques (urée, STABUR, urée soufrée…), qui deviennent très compétitifs : à surveiller de près.
- Un contexte global toujours compliqué, avec un prix du gaz qui continue de tutoyer les sommets alors que les réserves sont au plus bas en Europe, que la situation géopolitique semble s’enliser et que l’hiver s’approche de plus en plus.
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Les cours des marchés des engrais
Ammonitrate
Inchangé pour la deuxième semaine. Ce qui a changé, c’est la pression qui s’exerce dessus : l’écart de coût à l’unité d’azote face à l’urée s’est creusé après la baisse de 50 €/t en quinze jours. Il faudra cependant plus que cela pour faire bouger les producteurs de nitrate. Ils sont assez confortables au niveau de leurs ventes pour ne pas avoir à réagir immédiatement, et la hausse du gaz ne va pas les y aider. Il y a également peu de chances qu’ils veuillent provoquer un changement sur le mois d’août, alors que beaucoup de personnes sont en congés. Il faudrait que la phase baissière en urée puisse durer dans le temps pour voir un effet, ce qui n’est pas gagné.
Urée
Deuxième baisse consécutive, et plus large que la première : la demande dans l’hémisphère nord reste absente, et les résultats de l’appel d’offres en Inde ont montré qu’il n’allait pas permettre aux producteurs fournissant l’Europe d’y écouler leurs stocks, car ce sont principalement des tonnes chinoises qui ont été retenues, à des prix très agressifs. Cela ne veut pas dire pour autant que le marché se retourne complètement, car les tonnes chinoises sont souvent destinées à l’Inde et les prix y sont généralement agressifs, mais cela suffit quand même à peser sur un marché qui était déjà à la recherche d’acheteurs. Cette phase pourrait donc permettre d’entrouvrir une fenêtre intéressante pour les achats. Il semble qu’il y ait encore un potentiel de 30/40 €/t, mais il faut surveiller de près et il paraît opportun d’envisager de couvrir vos volumes prochainement.
Solution azotée
La solution azotée creuse encore l’écart en coût à l’unité face à l’urée. Une réaction n’est pas forcément attendue à court terme, car les producteurs savent qu’ils sont en position de force sur l’ensemble de la campagne au regard des volumes disponibles. Ils pourraient cependant réajuster si les prix de l’urée restaient sur ces niveaux ou en dessous, afin de relancer un peu de demande : la campagne sur ce produit a pris beaucoup de retard et pourrait, à terme, leur faire perdre des parts de marché importantes face aux autres formes d’azote.
Phosphore
Il n’y a pas d’évolution sur ce marché, qui reste trop cher pour intéresser les agriculteurs, mais un coût de production lié au soufre qui ne permet pas de baisse pour le moment au niveau des producteurs.
Soufre
La situation n’évolue pas et ne devrait pas changer dans les prochaines semaines. Le marché devrait rester tendu, avec deux facteurs principaux : le MACF, qui pénalise fortement l’origine majoritaire qu’est la Chine, et la hausse du soufre, accentuée par le conflit au Moyen-Orient.
Potasse
Marché calme et sans mouvement, à 355 €/t départ. Bien approvisionnée et peu exposée aux tensions du moment, la potasse se traite au fil de l’eau, selon les besoins déjà planifiés. Elle reste, avec le phosphore, le poste sur lequel se feront les arbitrages de fond cet automne si les prix des grains ne se redressent pas.
Les recommandations de Julie
Il y a une semaine, je vous invitais à surveiller l’urée parce qu’elle pouvait ouvrir une opportunité. Nous y sommes, ou nous en sommes proches. Je ne vais pas vous annoncer que le point bas est pour vendredi : personne ne le sait, et un marché qui baisse depuis deux semaines peut parfaitement en baisser une troisième.
Ce que je constate, c’est qu’un écart à l’unité d’azote de ce niveau face au nitrate et à la solution azotée ne dure jamais très longtemps, et qu’il se referme plus souvent par le haut que par le bas dans ce genre de contexte. Si vous avez de l’azote à couvrir, la démarche à réfléchir, c’est de surveiller les offres d’urée cette semaine et de se préparer à engager une tranche si le niveau proposé passe sous les 460/470 €/t, une zone de prix qui deviendrait intéressante et éviterait de regarder la fenêtre passer. Le plus intéressant à engager sera le STABUR, qui affiche largement le coût à l’unité le plus faible parmi tous les engrais azotés.