Exportations agricoles françaises : l’accès au marché américain se complique fortement

  • Mis à jour : 03 Février 2026   |   Publié : 10 Avril 2025
  • Temps de lecture : 2 minutes
Exportations agricoles françaises : l’accès au marché américain se complique fortement

Analyse – Avril 2025

Les récentes annonces de l’administration Trump, en date du 9 avril 2025, viennent sérieusement rebattre les cartes du commerce agricole transatlantique. En durcissant les droits de douane sur de nombreux produits européens, les États-Unis ravivent les tensions commerciales, avec des conséquences immédiates pour plusieurs filières françaises à fort potentiel export. Tour d’horizon.

Un durcissement qui tombe mal

L’instauration par Washington de nouveaux tarifs douaniers – 25 % sur l’acier et l’aluminium, et 20 % supplémentaires sur une série de produits européens – n’est pas une surprise totale, mais elle marque un net repli protectionniste dans une période pourtant marquée par la nécessité de stabiliser les marchés mondiaux.

1. Vins et spiritueux : une cible historique

La filière vitivinicole est probablement la plus exposée. Lors du précédent épisode de tensions commerciales en 2019, l’impact des droits de douane américains avait entraîné une baisse de 40 % des volumes exportés vers les États-Unis, premier marché hors UE. En 2025, la menace d’une surtaxe pouvant atteindre 200 % refait surface, cette fois en lien avec le contentieux sur les spiritueux américains taxés par l’UE.

2. Produits laitiers et fromages AOP : en perte de compétitivité

Autre secteur sous pression : les fromages français. En raison de leurs coûts de production élevés et d’une demande déjà sensible au prix, l’ajout d’une taxe douanière rend leur positionnement compliqué sur les linéaires américains. Certaines coopératives évoquent un gel temporaire de contrats en cours de renégociation.

3. Effets d’entraînement possibles sur d’autres produits agroalimentaires

Même si tous les détails de la liste américaine ne sont pas connus, les conséquences pourraient s’étendre à d’autres exportations françaises comme les huiles, les condiments, certaines conserves fines ou les produits de boulangerie industrielle.

Réaction de l’UE : riposte calibrée mais risquée

L’Union européenne a, pour sa part, annoncé une série de contre-mesures à hauteur de 21 milliards d’euros, applicables dès le 15 avril. Sont concernés : soja, viande de bœuf, produits bois et biens de consommation américains.

Si cette réponse se veut équilibrée, elle alimente un climat de blocage bilatéral, dont les filières agricoles risquent d’être les premières victimes collatérales. D’autant plus que les produits américains ne sont pas directement concurrents des produits français, ce qui limite l’effet levier de la riposte.

Quelles marges de manœuvre pour les exportateurs français ?

  • Diversification des marchés : le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est ou l’Afrique de l’Ouest sont déjà identifiés comme relais de croissance pour certaines IGP et AOP.
  • Optimisation des circuits logistiques et accords bilatéraux : la filière doit aussi miser sur la montée en gamme et la diplomatie économique.
  • Renforcement de la présence digitale à l’international, en misant sur l’e-commerce B2B et les foires numériques, pour contourner les canaux classiques freinés par la guerre commerciale.

À retenir

  • Le retour d’un Trump offensif sur le plan commercial complique l'accès au marché américain, pourtant stratégique pour de nombreuses filières françaises.
  • Les vins, spiritueux, fromages et certains produits de niche agroalimentaires sont les plus menacés à court terme.
  • Une veille stratégique active est indispensable pour les opérateurs, qui devront arbitrer entre repli tactique, repositionnement et investissements sur de nouveaux marchés.

  • Cyril Combes Cyril Combes, Rédacteur chez Agryco
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