Soutien aux éleveurs bio : entre hausse du prix du lait et aide aux veaux sous la mère

  • Mis à jour : 27 Novembre 2025   |   Publié : 01 Avril 2025
  • Temps de lecture : 3 minutes
Soutien aux éleveurs bio : entre hausse du prix du lait et aide aux veaux sous la mère

Face aux difficultés croissantes des éleveurs bio, deux mesures récentes viennent renforcer leur soutien : l’annonce par Sodiaal d’une hausse du prix du lait bio et la fixation du montant de l’aide aux veaux sous la mère et bio. Ces décisions, bien que bienvenues, interrogent sur leur impact réel et sur la pérennité du modèle économique de la filière bio. Alors que le bio a longtemps été considéré comme un avenir prometteur pour l'élevage français, il semble aujourd'hui en perte de vitesse face à de nombreuses contraintes économiques et structurelles.

Une revalorisation du lait bio pour éviter l’effondrement de la filière

  • Une hausse des coûts de production : alimentation du bétail, énergie, équipements, frais vétérinaires, ainsi que des normes environnementales de plus en plus contraignantes.
  • Une stagnation des prix d’achat par les industriels, qui ne compensent plus l’augmentation des charges.
  • Un marché en ralentissement,rendant les consommateurs plus attentifs aux prix et moins enclins à payer un surcoût pour du lait bio.

Pour répondre à ces difficultés, la coopérative Sodiaal a annoncé une hausse du prix du lait bio à 480 €/1000 litres, contre environ 450 € auparavant. Cette augmentation vise à couvrir une partie des coûts de production et à garantir un minimum de rentabilité aux producteurs. L’objectif est double :

  • Éviter de nouvelles cessation d’activité dans un secteur déjà en souffrance.
  • Inciter les producteursà maintenir leur engagement dans la filière biologique, alors que les conversions vers le bio sont en net ralentissement.

Cependant, les éleveurs restent sceptiques. "C’est un soulagement temporaire, mais il nous faut un modèle économique stable sur plusieurs années, pas seulement des ajustements ponctuels", explique Jean-Pierre Lemoine, éleveur en Bretagne. Beaucoup estiment que cette hausse ne compense pas encore totalement l'augmentation des charges et demandent un engagement plus fort des industriels et des pouvoirs publics.

Une aide aux veaux sous la mère et bio : un levier supplémentaire ?

En parallèle, la fixation du montant de l’aide aux veaux sous la mère et bio vise à encourager cette production spécifique, qui répond à des critères stricts de bien-être animal et de qualité. Cette aide pourrait jouer un rôle essentiel pour :

  • Compenser les coûts de production élevés des éleveurs bio, notamment liés aux rations alimentaires et aux conditions d’élevage exigeantes.
  • Stabiliser la filière bio et limiter les arrêts d’exploitation.
  • Maintenir une offre suffisante face à une demande encore fluctuante.
  • Favoriser le bien-être animal, un critère de plus en plus pris en compte par les consommateurs et les politiques agricoles.

Si ces mesures sont positives, elles ne résoudront pas à elles seules les problèmes structurels du bio. Un soutien de long terme est nécessaire, avec :

  • Une politique agricole cohérente et stable, pour offrir de la visibilité aux producteurs.
  • Une meilleure répartition de la valeur entre producteurs, industriels et distributeurs, afin que les éleveurs soient mieux rémunérés.
  • Une sensibilisation accrue des consommateurs, pour maintenir leur engagement envers le bio et éviter une fuite vers des alternatives perçues comme plus accessibles.
  • Un accompagnement financier renforcé, incluant des aides à la conversion et au maintien dans le bio, pour assurer une transition réussie et pérenne.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

Alors que la filière bio est en pleine mutation, ces annonces marquent une première étape vers une meilleure valorisation du travail des éleveurs. Toutefois, sans réformes profondes, le risque d’essoufflement persiste. L’avenir du bio passera par une vision économique durable, soutenue par des engagements fermes des pouvoirs publics et des acteurs de la filière.

Les producteurs attendent désormais des garanties supplémentaires pour que le bio reste une filière attractive et viable à long terme. L'enjeu principal reste la confiance : celle des producteurs dans un modèle rémunérateur et celle des consommateurs dans des produits de qualité à des prix accessibles.


  • Nadège breton Nadège breton, Experte élevage & nutrition animale chez Agryco
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