Composer son couvert végétal

  • Mis à jour : 15 Avril 7200   |   Publié : 17 Février 2026
  • Couverts-Fourragère
  • Temps de lecture : 5 minutes
Composer son couvert végétal

Ce qu'il faut retenir :

  • Les couverts végétaux sont devenus un véritable levier agronomique : ils participent à la structuration du sol, à la lutte contre l’érosion, au piégeage des éléments nutritifs et à l’amélioration de la biodiversité.
  • Composer un mélange de couvert repose sur un équilibre : il est recommandé d’intégrer 3 à 4 espèces minimum et d’éviter de dépasser 7 à 8 espèces afin de limiter la concurrence entre plantes.
  • Les espèces doivent être complémentaires (systèmes racinaires, développement aérien, profondeur de semis, PMG) afin d’améliorer la structure du sol et la production de biomasse.
  • Le choix du mélange doit rester cohérent avec la rotation pour éviter les risques sanitaires et limiter la transmission de maladies entre cultures.
  • Il n’existe pas de mélange idéal : le choix du couvert dépend toujours des contraintes de la parcelle (rotation, sol, période de semis) et des objectifs agronomiques recherchés.

SERIE D’ARTICLES : CHOISIR, COMPOSER ET REUSSIR SON COUVERT VEGETAL

Vus à l’origine comme une contrainte et une obligation réglementaire, les couverts végétaux sont désormais considérés comme de réels outils et leviers agronomiques. Ils peuvent en effet apporter de nombreux bénéfices à la parcelle et à la culture suivante :

  • Structuration du sol et lutte contre l’érosion
  • Couverture du sol et étouffement des adventices
  • Piégeage d’éléments nutritifs en surface
  • Fixation azotée
  • Apport de biomasse
  • Favorisation de la biodiversité en surface et en profondeur

Toutefois, cette pratique reste nouvelle à l’échelle de l’agriculture et continue de se développer chaque année. Elle peut ainsi rester complexe et difficile à appréhender pour certains, que ce soit au moment de choisir ou de composer son inter-culture, de l’implanter ou de la conduire.

Une série d’articles pour mieux réussir ses couverts végétaux

Nous vous proposons donc de refaire un tour d’horizon via 3 articles :

Composer son couvert végétal

Composer son mélange d’inter-culture peut s’avérer complexe. Choisir combien d’espèces, lesquelles, dans quelles circonstances, … sont des paramètres à prendre en considération. Voici un rapide coup d’œil sur les principaux points de vigilance :

Mélanger des espèces … sans trop en faire

Un couvert végétal trouvera son intérêt dans le mélange d’espèces et de familles botaniques différentes.

En effet, chaque espèce présente des caractéristiques et des avantages qui lui sont propres. Mélanger différentes espèces permet donc de cumuler les bénéfices apportés par le mélange.

Il est toutefois important de limiter le nombre d’espèces mélangées : un nombre trop important peut être néfaste pour le bon développement de certaines d’entre elles et donc réduire l’intérêt du mélange. Nous vous recommandons de mettre dans vos mélanges au minimum 3 à 4 espèces et d’éviter de dépasser les 7 ou 8.

Choisir des espèces complémentaires

Afin d’optimiser les bénéfices apportés par le couvert, il est important d’associer des espèces complémentaires :

  • au niveau des systèmes et profondeurs racinaires (combiner des systèmes racinaires pivotants et fasciculées par exemple) afin d’améliorer la structure du sol sur différentes strates ;
  • au niveau du développement aérien en associant des plantes rampantes, dressées, … qui se développent sur différentes hauteurs afin de limiter la concurrence des unes avec les autres et de produire de la biomasse sur différents niveaux ;
  • en termes de PMG et de profondeur de semis afin de faciliter le mélange et le semis ;

Veiller à la bonne intégration du mélange dans la rotation

Il est important de veiller que la composition du mélange de couverts ne mette pas à risque la (ou les) culture(s) suivante(s).

En effet dans plusieurs cas, l’enchainement de familles botaniques identiques sur une même parcelle peut favoriser les risques sanitaires. A titre d’exemple, dans une rotation céréales, il est fortement déconseillé de semer un couvert composé de graminées qui pourraient maintenir la présence de maladies sur la parcelle, comme le piétin verse, et favoriser leur transmission d’une culture à l’autre.

De manière générale, il est recommandé de ne pas semer en inter-culture une espèce de la même famille que celle de la prochaine culture sur la parcelle. Cela permet de rompre les cycles de transmission des maladies et de « nettoyer » la parcelle d’un point de vue sanitaire.

Il est en revanche largement conseillé d’utiliser des espèces appartenant à des familles peu courantes en culture (la phacélie qui est une hydrophyllacées, le niger astéracées, le chia lamiacées, …) dans la composition de vos mélanges de couverts.

Enfin, il existe des cas spécifiques : avant betterave ou pomme de terre, n’utiliser que des crucifères anti-nématodes, éviter les légumineuses vectrices de l’aphanomyces sur une parcelle susceptible d’accueillir des légumineuses en culture, …

Prendre en compte vos objectifs et impératifs

En termes de dates et de technique de semis, de durée d’inter-culture, de destruction, d’objectifs recherchés, … A ce niveau encore, les paramètres peuvent être nombreux.

Toutes les espèces ne peuvent pas être semées à la volée, toutes ne sont pas destructibles par le gel, etc. Si vous avez des contraintes précises, il est important de bien les identifier en amont.

Il en va de même pour vos objectifs : si vous recherchez une fixation azotée il est important d’avoir une bonne proportion de légumineuses, pour structurer le sol il sera recommandé d’intégrer des crucifères, pour lutter contre les adventices il faut privilégier des espèces à fort pouvoir couvrant et démarrage rapide, etc.

Bien raisonner le choix de son couvert végétal

Il n’existe pas de mélange idéal. Les paramètres à prendre en compte sont trop nombreux pour définir un seul couvert végétal qui prendrait en compte toutes les contraintes et répondrait à toutes les attentes. Au moment de choisir vos inter-cultures, il est donc primordial d’avoir en tête :

L’ensemble de vos contraintes :

  • Liées à la parcelle (rotation, période de semis, durée de l’inter-culture, type de sol, …)
  • Liées à vos impératifs (méthode de semis, méthode de destruction, …)

L’ensemble de vos objectifs :

  • Piégeage et fixation azoté
  • Lutte contre les adventices
  • Structuration du sol

Une fois que vous avez sélectionné les espèces qui répondent à vos contraintes et besoins, il convient de définir la densité de semis ainsi que la répartition de chaque espèce dans votre mélange. Nous abordons ce sujet dans le second article de notre série.


  • Gautier Tabuteau Gautier Tabuteau, Expert Semences chez Agryco
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